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Selon l’édition 2018 du rapport Planète vivante du Fonds mondial pour la nature (https://www.wwf.fr/rapport-planete-vivante-2018), entre 1970 et 2014, les populations d’animaux vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens) ont chuté de 60 % à l’échelle mondiale, constituant la 6eme extinction de masse de la vie sauvage, à un rythme jamais atteint auparavant.

La situation française, qui héberge 10% de la biodiversité mondiale, est également très dégradée, puisque le rapport du Commissariat général au développement durable, l’Agence française pour la biodiversité et l’Observatoire national de la biodiversité, estime que 26% des espèces évaluées présentent un risque de disparition sur le territoire national (biodiversité-les chiffres clefs 2018).

Oiseaux nicheurs, abeilles, papillons… chacun peut constater autour de soi que ces espèces familières tendent à disparaître, provoquant un effondrement de la biodiversité et laissant la place libre pour des espèces invasives et nuisibles, telles que les frelons asiatiques et les moustiques tigres.

Les causes en sont aujourd’hui clairement identifiées : surexploitation des ressources naturelles par l’homme, fragmentation ou destruction des habitats naturels, réchauffement climatique, pollution des sols et des airs… notre modèle de civilisation menace directement et à court terme des systèmes écologiques entiers

Le rôle des produits phytosanitaires (les « pesticides » de synthèse) dans la stérilisation des sols et la destruction des espèces vivantes est connu.

Et pourtant, en France, près de trois millions d'agriculteurs et de particuliers utilisent des pesticides à base de glyphosate chaque année. Rien ne le leur interdit. Que dit la loi ? Le glyphosate est autorisé en France pendant encore au moins trois ans. Et même si, dès 2019, les particuliers n'ont plus le droit de l'utiliser dans les espaces ouverts, son usage agricole se poursuivra, jusqu’à épuisement des stocks…

Cette situation tragique, ubuesque, ne peut perdurer.

Pesticide le plus utilisé au monde – rien que dans l’Union européenne, les produits à base de cette molécule représentent un marché d’environ un milliard d’euros –, le glyphosate a été classé " cancérogène probable"  par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), créé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies (classification du CIRC- Organisation Mondiale pour la Santé). Concernant le glyphosate comme l’ensemble des pesticides de synthèse, nous devons passer des paroles aux actes. C’est la raison pour laquelle je soutiens activement le mouvement « Nous voulons des coquelicots » (https://nousvoulonsdescoquelicots.org/), qui milite pour leur interdiction totale et immédiate.

La décision du tribunal administratif de Lyon du 15 janvier, qui a annulé l'autorisation de mise sur le marché de l'herbicide Roundup Pro 360 commercialisé par Monsanto, en mettant en avant le principe de précaution, est une première victoire. Ainsi, le tribunal explique que l'herbicide est "probablement cancérogène"  et que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait "commis une erreur d'appréciation au regard du principe de précaution"  inscrit dans la Charte de l’environnement en autorisant ce produit le 6 mars 2017.

Nous ne pouvons en rester là, chacun doit désormais prendre ses responsabilités, et cette décision doit voir sa portée étendue par l'ANSES, sans délai, à l'ensemble des produits phytosanitaires utilisant du glyphosate.

Cette année encore, chacun a pu constater la prolifération des moustiques, notamment des moustiques tigre, en conséquence directe de la chute de la population de leurs prédateurs.

Depuis longtemps, la ville de Bègles a bannit l'utilisation du glyphosate et pesticides de synthèse pour l'entretien de ses espaces verts. De plus, en partenariat avec la LPO Aquitaine (LPO Aquitaine), Bègles a voulu aller plus loin et agir concrètement pour favoriser la biodiversité en déployant une centaine de nouveaux nichoirs à hirondelles et abris à chauve-souris (espèces prédatrices de moustiques) dans les arbres et sur les bâtiments municipaux afin que ces espèces y trouvent un habitat de passage (100 nouveaux abris pour les Hirondelles et les chauves souris). Une chauve-souris est capable d’engloutir jusqu’à 2000 moustiques en une nuit ! Chaque habitant peut également jouer un rôle, en mettant en place des nichoirs favorisant leur accueil.

Interdiction du glyphosate, reconstitution des habitats naturels des espèces fragilisées afin de rétablir les éco systèmes : voilà deux exemples d’actions concrètes en faveur de la sauvegarde de la biodversité, pour lesquelles chacun peut s’engager !

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