Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Depuis mon élection à la mairie de Bègles en juin 2017, je n’ai eu de cesse de revalider le contrat démocratique qui me relie à ses habitants.

En procurant aux béglais des espaces d’expression démocratiques, je permets les conditions pour accéder à une parole citoyenne. Par là même, je signifie également que, dans une démocratie représentative, les élus ne sont pas désignés « une fois pour toute », avec un « chèque en blanc », et je conforte régulièrement la représentativité de mon mandat politique.

Pour un élu, savoir écouter est donc fondamental. Au fondement de la démocratie représentative…

Encore faut-il être capable de créer les occasions donnant l’occasion à tous de s’exprimer, selon des modalités qui permettent une expression citoyenne, et non seulement les simples réactions ou les attentes de l’usager.

Ce type de démarche ne peut se construire que dans un climat de confiance et de sérénité, et à l’abri de toute tentative de récupération.

Pour ma part, à Bègles, j’ai rapidement initié des « Forums de proximité » (forums de proximité), permettant aux élus du Conseil municipal d’aller à la rencontre des habitants dans leurs quartiers, pour échanger sur les sujets de vie quotidienne. A un rythme semestriel, dans chaque quartier, tous peuvent venir poser leurs questions, interpeller, exprimer leur point de vue, débattre avec leurs représentants élus.

Au début, les questions posées portent sur le « bout de trottoir », les sujets de proximité qui, lorsqu’ils ne sont pas pris en charge, peuvent rapidement dégrader l’ambiance d’un quartier. Dans ce cas, il est important d’écouter, ce qui signifie que celui qui s’exprime est pris en compte. Parfois, des habitants me disent : « Monsieur le Maire, ce que vous me dites ne va pas résoudre immédiatement mon problème, mais j’en ai compris la raison, et je sais que vous faites ce qui est en votre pouvoir ». Cela peut sembler peu de chose. C’est en réalité beaucoup, car ces personnes se sont senties respectées.

Ces réunions sont souvent l’occasion d’identifier au plus près du terrain les « signaux faibles » : ce sont les questions émergentes, encore trop modestes pour figurer sur les écrans radars des institutions publiques, mais qui deviendront demain des sujets à prendre en compte.

Puis, au fur et à mesure des discussions, lorsque la répétition d’un sujet permet d’en évoquer le contexte général, les enjeux, les actions publiques engagées et les opportunités futures, des points de vue ou des prises de position faisant parler l’intérêt général peuvent s’exprimer : insensiblement, le citoyen prend la place de l’usager, si bien que le « Forum de proximité » se transforme en « Forum démocratique », avec des visions du vivre ensemble qui peuvent se parler.

Voilà ma conviction, qui est forte : pour un élu, savoir écouter est au fondement de la démocratie représentative.

Attention cependant : écouter n’est pas tout approuver, à la manière d’un Ledru-Rollin qui avait l’habitude de dire : « il faut bien que je les suive, puisque je suis leur chef »… De la même manière que l’intérêt général ne sera jamais constitué de la somme des intérêts particuliers, la qualité d’un élu réside dans sa capacité à créer une « dynamique démocratique » vertueuse, construite sur des orientations politiques claires (celles pour lesquelles il a été élu) et un climat de confiance apaisé. C’est là tout le sens de l’expérience que j’ai engagé dans la ville de Bègles.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :