Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A Bègles, la qualité d'accueil des enfants à l'école et de l'éducation sont en tête de nos priorités. C'est le sens de la "Motion concernant le Projet de Loi pour une école de la confiance" présentée par la majorité municipale et le groupe Bègles pour tous - Front de gauche en Conseil municipal jeudi 4 avril 2019. Vous lirez ci-dessous le texte intégral de cette motion adoptée par les élus.

Le Conseil municipal,
Souhaite interpeller Monsieur le Ministre de l’Education Nationale au sujet de diverses dispositions inscrites dans le Projet de Loi pour une école de la confiance.

Il est prévu notamment la création d’Etablissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), regroupant les classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles d’un même secteur géographique, au sein desquels les écoles primaires concernées seront gérées administrativement de manière centralisée. Dans ce cadre, nous souhaitons relayer la crainte légitime des directeurs des établissements scolaires du primaire concernant leur avenir et le rôle indispensable d’interlocuteur principal qu’ils remplissent au quotidien vis-à-vis des parents d’élèves et des communes. Quelle légitimité pour eux demain en qualité d’adjoint en charge du premier degré ?
La création de ces structures, plus importantes et donc moins nombreuses, modifiera le ratio du nombre d’enseignants par élève, entrainant inévitablement la diminution du nombre d’enseignants par école et l’augmentation du nombre d’élèves par classe, avec des conséquences indéniables sur la qualité de l’enseignement et de l’accueil de chaque élève, la prise en compte de son individualité propre dans un collectif de travail.
Il est à craindre également que la publication, par le futur Conseil d’évaluation, de l’examen de l’organisation et des résultats de l’enseignement scolaire des établissements engendre une mise en concurrence entre établissements, pouvant être ressentie par les élèves eux-mêmes.
Ce projet de loi prévoit en outre la création de jardins d’enfants permettant de pallier le manque de structures rendues nécessaires pour l’accueil de l’ensemble des enfants âgés de 3 à 6 ans et pouvant également trouver leur utilité pour les collectivités qui peinent à financer des structures d’accueil petite enfance, indispensables notamment pour les enfants nés en fin d’année et ne pouvant être accueillis à l’école dès la rentrée scolaire. Dans ce cadre, quelle garantie en matière de présence, au sein de ces structures, d’enseignants de l’Education Nationale, aux côtés des professionnels de la petite enfance, pour une véritable continuité éducative ? Et quelles capacités financières données aux collectivités pour financer de telles structures ?

L’abaissement de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans aura enfin des implications financières fortes pour les communes, qui devront verser un forfait aux écoles privées sous contrat, comme c’est déjà le cas pour les écoles élémentaires.
Nous ne pouvons que déplorer des décennies de désengagement de l’Etat. L’éducation est pourtant au cœur des compétences des communes et restera une priorité pour la Ville de Bègles, dont les choix au quotidien, faits dans le cadre d’un budget très contraint, ne peuvent être pris au détriment des élèves et d’un accueil de qualité. Dans le cas présent, la part de notre budget allouée à l’éducation devra nécessairement augmenter pour ne pas pénaliser l’accueil des élèves dans les écoles publiques de la commune.
Aussi, nous ne concevons pas la pertinence de l’obligation d’instruction dès l’âge de trois ans, celle-ci étant une réalité en France. L’immense majorité des enfants âgés de 3 ans et la totalité des enfants de moyenne section sont en effet déjà accueillies dans nos écoles maternelles, à l’exception, fait regrettable, des enfants porteurs de handicap, faute d’Auxiliaires de Vie Scolaire en nombre suffisant. Aujourd’hui, l’obligation de scolarisation de tous les enfants, inscrite dans ce projet de loi, n’apporte aucune garantie quant aux moyens humains et financiers dont disposeront les écoles pour accueillir et scolariser les enfants porteurs de handicap dans de bonnes conditions.

Par conséquent,
Le Conseil Municipal,
- Demande des précisions quant au devenir des directeurs des établissements des écoles primaires ;
- Demande des garanties au sujet de la pérennisation d’une éducation, délivrée à l’ensemble des enfants dès 3 ans, par des professeurs des écoles, agents de l’Education Nationale et formés par l’Etat, sur les temps scolaires, et par des agents des collectivités sur les temps périscolaires, avec de réels moyens humains et financiers donnés aux académies et aux collectivités pour poursuivre leur collaboration éducative quotidienne ;
- Demande au Gouvernement de ne pas pénaliser financièrement les communes avec l’instauration de cette obligation de scolarisation dès 3 ans, déjà effective en France ;
- Se positionne en faveur d’une école de l’égalité des chances ayant pour objectif principal un apprentissage de qualité dans des conditions de travail optimales permettant l’épanouissement de tous les enfants, y compris ceux étant en situation de handicap ;
- Annonce que la Ville ne se portera pas volontaire à la création d’Etablissements publics des savoirs fondamentaux sur son territoire.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :