Meeting Eva Joly à bordeaux
mercredi 28 mars 20h à la Médoquine à Talence
Café écolo
sarladais
Le vendredi 16 mars 2012
19H
Café Léberou
5 rue Jean Jacques Rousseau
24200 Sarlat
Invité : Clément Rossignol
Elu à Bègles, il a en charge le développement durable, les questions relatives à la lutte contre le changement climatique et aux déplacements. Egalement élu à la Communauté Urbaine de Bordeaux, vice-président délégué aux déplacements doux et aux mobilités alternatives, il est fortement engagé dans la promotion et le développement des modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle. Parmi les priorités qu’il s’est fixé pour son mandat figurent le développement d’une offre de vélos en libre service (les VCUB), l’amélioration du réseau cyclable, la réduction de la place de la voiture et la promotion des modes doux et des nouveaux usages de l’automobile.
Clément Rossignol représente la Communauté Urbaine au Club des villes et territoires cyclables et est président de la commission villes et territoires auto-partagés du GART qu'il a initiée. En 2011, il a été à l’initiative du dispositif « Ville 30 ville à vivre » relayé par des associations nationales :www.ville30.org
Thème : « Ville lente », les déplacements urbains
Du code de la route au code de la rue
L’automobile occupe trop de place dans nos villes. Les résidents, en particulier les enfants et personnes âgées, piétons alertes ou à mobilité réduite, rollers ou cyclistes, tous souhaitent aujourd’hui reconquérir leur ville. La rue n’est pas seulement un espace de circulation ; c’est aussi et surtout un espace de vie. S’il n’est pas question de rejeter l’automobile dont chacun – ou presque – est un jour utilisateur, on doit remettre cette « centenaire » à sa juste place afin de favoriser l’émergence d’espaces publics de qualité, le développement de modes de déplacement tels que la marche et le vélo, la rencontre et la convivialité. La logique routière n’a aucune raison d’être en ville : la rue n’est pas la route !
Il est un vrai défi pour une ville que de faire cohabiter ensemble tous les modes de déplacements en tenant compte des enjeux de santé, de sécurité, d’économie et d’environnement. Or, le code de la route n’était pas adapté à l’environnement urbain. Il s’est essentiellement construit pour et autour de l’automobile car la fonction circulation motorisée était la référence.
Cependant, les premiers textes dits du « code de la rue » vont dans le sens de la ville apaisée : ils établissent le principe de prudence, créent la zone de rencontre (20 km/h, priorité piétons) et facilitent la traversée des piétons et la circulation des cyclistes (doubles sens cyclables et tourne-à-droite aux feux tricolores).
La Ville 30, un renversement des valeurs
Alors que les zones 30 étaient considérées comme des dérogations au 50 km/h et concédées devant une école sous la pression des parents, ou dans une rue sous la pression des habitants, elles deviennent la norme : le 50km/heure devient alors l’exception. Dans la plupart des cas, les projets de zone 30 étaient portés par des élus locaux. A présent, ils sont de plus en plus souvent sollicités par les habitants. L’implication des habitants passe par une concertation. Car plus la population est informée, associée et écoutée, plus le projet est partagé et a de chances de réussir. C’est ce renversement, et le discours qui l’accompagne, qui différencie la ville 30 d’un simple développement des zones 30 : il s’agit d’énoncer clairement que les rues de quartiers sont des espaces urbains supportant de nombreuses fonctions de vie locale, qu’elles ne sont pas de simples tuyaux isolés de leur environnement et encore moins des routes dont l’usage serait réservé aux automobiles.
Une réduction de la vitesse pour augmenter la sécurité, la qualité de vie, la convivialité, renforcera l’idée de réhabiliter la ville pour ce à quoi elle était destinée : un lieu de vie et d’échange.
L’apologie de la Ville Lente
Dans un monde en constante accélération, des municipalités européennes ont créé un réseau, Slow Cities, visant à ralentir le rythme de la vie. Ce réseau réunit des villes et municipalités désireuses d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens, notamment en matière de nourriture et d’environnement. Né en Italie, Cittaslow (« Villes lentes » en italien), est issu d’un autre mouvement: Slow Food, en opposition au Fast Food nord-américain, synonyme de mal bouffe.
Il s'adresse à des villes de moins de 60 000 habitants où chacune doit s'engager à adopter des mesures qui vont dans le sens d’un urbanisme à visage humain. Son obtention s'articule autour d'un manifeste qui compte 70 recommandations dont les principales sont : Multiplication des zones piétonnières, Mise en valeur du patrimoine urbain historique en évitant la construction de nouveaux bâtiments, Création de places publiques où l’on peut s’asseoir et converser paisiblement, Développement du sens de l’hospitalité chez les commerçants, Règlements visant à limiter le bruit, Développement de la solidarité intergénérationnelle, Préservation et développement des coutumes locales et produits régionaux, Développement des commerces de proximité, Priorité aux transports en communs et autres transports non polluants…
Environ 10% des étudiants Aquitains proviennent de l’étranger, 12% sur la CUB.
Ces indicateurs témoignent de l’excellence de l’offre universitaire régionale et de l’attractivité de notre territoire, contribuant au dynamisme et au rayonnement de la Communauté urbaine, dans la droite ligne du projet métropolitain.
Autant dire que la circulaire Guéant-Bertrand du 31 mai 2011, fixant des objectifs de « maîtriser l’immigration professionnelle » en donnant instruction aux préfets de limiter
l’accès au marché du travail des jeunes diplômés étrangers, touche particulièrement notre territoire au profit d’une préférence nationale particulièrement choquante sur le principe et dangereuse
dans les conséquences que cela impliquera. Ainsi les étudiants étrangers hautement qualifiés, recrutés par de grandes entreprises françaises et internationales se voient purement et
simplement interdire de travailler en France, voire expulsables sans prise en compte de leur formation, compétence ou fonction occupée dans une entreprise. Pourtant
la création de l’agence «Campus France » dont l’objectif était de
promouvoir les universités et grandes écoles françaises a eu un important succès avec 100 000 étudiants étrangers de plus en 10 ans, dont 40% préparant un doctorat. A ce jour, la France se
place au 3ème rang des destinations préférées des étudiants étrangers, après les Etats-Unis et le Royaume Uni. Cette évolution va tourner court avec cette circulaire Guéant-Bertrand dont la
réalité s’est déjà fait crûment sentir, comme en témoigne l’histoire de cet étudiant mauricien.
Shameen Chitbahal est arrivé en France en 2006. Il s’est inscrit à l’Université Michel de Montaigne, en L1 de Lettres Modernes, en raison de son amour pour notre langue et pour notre littérature ; il ne se rendait pas compte des difficultés accrues pour un étudiant non francophone et a trouvé sa voie de linguiste en anglais, moyennant le temps d’adaptation requis pour cette ré-orientation. Ses résultats l’an dernier justifient son choix. C’est un étudiant très apprécié de ses camarades et de ses enseignants.
Shameem a pourtant reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français, au motif de
résultats
insuffisants, et risque maintenant l’expulsion. Le Tribunal Administratif ainsi que la Cour Administrative d’Appel, se fondant sur une situation caduque, ont confirmé cette décision. En revanche,
Monsieur le Préfet, a le pouvoir discrétionnaire de passer outre leur verdict. La communauté universitaire de Bordeaux 3, souhaite que Shameen puisse rester en France pour terminersereinement son
cycle d’études, sans vivre chaque jour dans la crainte d’être arrêté ; elle ne comprendrait pas qu’il soit renvoyé chez lui, non diplômé. C’est pourquoi lors de son parrainage
républicain, organisé par RESF33, les enseignants, étudiants, personnels de l’Université, Chercheurs, , amis, élus, citoyens, ont sollicité le Préfet, de bien
vouloir lui accorder sa régularisation. Cela permettrait à Shameen de continuer de s’instruire et, en dehors de ses études d’anglais, de parfaire une langue et une culture françaises qu’il sera
en mesure de transmettre en dehors de nos frontières.
Les étudiants étrangers, qu’ils retournent dans leur pays d’origine ou s’établissent temporairement ou définitivement en France, participent tous au rayonnement de notre pays. Ils sont un atout pour nos universités, notre économie et notre culture, et certainement pas un fardeau ou une menace.
Pour soutenir Shameen Chitbahal :