Environ 10% des étudiants Aquitains proviennent de l’étranger, 12% sur la CUB.
Ces indicateurs témoignent de l’excellence de l’offre universitaire régionale et de l’attractivité de notre territoire, contribuant au dynamisme et au rayonnement de la Communauté urbaine, dans la droite ligne du projet métropolitain.
Autant dire que la circulaire Guéant-Bertrand du 31 mai 2011, fixant des objectifs de « maîtriser l’immigration professionnelle » en donnant instruction aux préfets de limiter
l’accès au marché du travail des jeunes diplômés étrangers, touche particulièrement notre territoire au profit d’une préférence nationale particulièrement choquante sur le principe et dangereuse
dans les conséquences que cela impliquera. Ainsi les étudiants étrangers hautement qualifiés, recrutés par de grandes entreprises françaises et internationales se voient purement et
simplement interdire de travailler en France, voire expulsables sans prise en compte de leur formation, compétence ou fonction occupée dans une entreprise. Pourtant
la création de l’agence «Campus France » dont l’objectif était de
promouvoir les universités et grandes écoles françaises a eu un important succès avec 100 000 étudiants étrangers de plus en 10 ans, dont 40% préparant un doctorat. A ce jour, la France se
place au 3ème rang des destinations préférées des étudiants étrangers, après les Etats-Unis et le Royaume Uni. Cette évolution va tourner court avec cette circulaire Guéant-Bertrand dont la
réalité s’est déjà fait crûment sentir, comme en témoigne l’histoire de cet étudiant mauricien.
Shameen Chitbahal est arrivé en France en 2006. Il s’est inscrit à l’Université Michel de Montaigne, en L1 de Lettres Modernes, en raison de son amour pour notre langue et pour notre littérature ; il ne se rendait pas compte des difficultés accrues pour un étudiant non francophone et a trouvé sa voie de linguiste en anglais, moyennant le temps d’adaptation requis pour cette ré-orientation. Ses résultats l’an dernier justifient son choix. C’est un étudiant très apprécié de ses camarades et de ses enseignants.
Shameem a pourtant reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français, au motif de
résultats
insuffisants, et risque maintenant l’expulsion. Le Tribunal Administratif ainsi que la Cour Administrative d’Appel, se fondant sur une situation caduque, ont confirmé cette décision. En revanche,
Monsieur le Préfet, a le pouvoir discrétionnaire de passer outre leur verdict. La communauté universitaire de Bordeaux 3, souhaite que Shameen puisse rester en France pour terminersereinement son
cycle d’études, sans vivre chaque jour dans la crainte d’être arrêté ; elle ne comprendrait pas qu’il soit renvoyé chez lui, non diplômé. C’est pourquoi lors de son parrainage
républicain, organisé par RESF33, les enseignants, étudiants, personnels de l’Université, Chercheurs, , amis, élus, citoyens, ont sollicité le Préfet, de bien
vouloir lui accorder sa régularisation. Cela permettrait à Shameen de continuer de s’instruire et, en dehors de ses études d’anglais, de parfaire une langue et une culture françaises qu’il sera
en mesure de transmettre en dehors de nos frontières.
Les étudiants étrangers, qu’ils retournent dans leur pays d’origine ou s’établissent temporairement ou définitivement en France, participent tous au rayonnement de notre pays. Ils sont un atout pour nos universités, notre économie et notre culture, et certainement pas un fardeau ou une menace.
Pour soutenir Shameen Chitbahal :