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vcub-z.jpgLe gouvernement vient de rendre public son Plan national Vélo. En 2012, à l'occasion des premières (sic) rencontres nationales du vélo, il semble ainsi découvrir la pertinence écologique, sociale et économique de ce mode de déplacement et le rôle moteur que peuvent jouer les acteurs publics dans son développement.

Force est de constater qu'en la matière, l'Etat ne fait pas la course en tête !

Aujourd'hui, il tente même de remonter, à petit braquet, le groupe des échappés constitué des collectivités locales, en proposant pour la plupart des mesures déjà largement expérimentées ou initiées par elles : il en est ainsi du marquage, des écoles du vélo ou encore des stationnements dans les pôles intermodaux…

Le panneau « cadeau », présenté aujourd’hui, 14 mois après la sortie du décret, le 12 novembre 2010, qui ouvre la possibilité aux gestionnaires de voirie, généralement les maires, d’autoriser le tourne à droite pour les vélos quand le feu est au rouge, est symptomatique de ce plan national : c’est un plan de rattrapage…

Le plan national vélo n'apporte hélas aucun nouveau souffle à ce mode de déplacement pourtant de plus en plus plébiscité par les citoyens. La majorité des mesures proposées dans ce Plan national demeurent incitatives quand elles auraient pu devenir règlementaires, ou bien tout simplement ne relèvent pas des compétences de l'Etat.

Les collectivités locales n'ont pas attendu l'Etat pour soutenir le développement du vélo… bien leur en a pris !

Les financements publics en faveur de la pratique du vélo proviennent essentiellement des collectivités territoriales (462 millions d'euros en 2009 – à mettre en rapport avec les 13 millions d’euros de financements de la part de l'Etat), alors que les ressources liées à l’économie du vélo sont de 88 millions d’euros pour les collectivités territoriales et de 621 millions d’euros pour l’Etat...

Les bénéfices du vélo ne sont aujourd'hui plus à démontrer :
- sur le porte-monnaie des usagers : un vélo équipé coûte 500€ par an contre plus de 6 000€ pour une petite voiture.
- sur l’environnement : l’utilisation du vélo pour les trajets de moins de 1km émet 
environ une tonne de CO2 en moins par an.
- sur la santé et sur les comptes de la sécurité sociale : augmenter de 10% la part de 
la population se déplaçant régulièrement à vélo permettrait de diminuer de 5% les 
dépenses de santé (soit 9 milliards d’euros économisés par an) en luttant contre 
l’obésité, les risques cardio-vasculaires, le diabète ou l’ostéoporose.
- sur les accidents mortels : 3 à 4% des tués sont des cyclistes alors que 15 % des 
citadins utilisent occasionnellement le vélo pour se déplacer.
- sur le partage de l’espace public et la conception de la ville : le cycliste est inséré dans la ville lors de ses trajets, contrairement à l’automobiliste isolé dans sa bulle de plastique et de métal. Ainsi, aux feux rouges les discussions entre cyclistes sont fréquentes.

Et pourtant, le gouvernement persiste à considérer le vélo comme un mode de déplacement mineur et ne propose aucun engagement financier à la hauteur des enjeux en terme de mobilité. Le constat d'un échec ou l'aveu d'une incapacité à innover face à des collectivités locales largement en tête sur la question ?

Avec ce plan vélo, le gouvernement continue à compter les pavés… à 87 jours du premier tour des élections présidentielles.


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