Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tribune publiée sur www.aqui.fr

16/11/2012 | Clément Rossignol, conseiller municipal de Bègles (EELV) et vice-président de la Communauté urbaine de Bordeaux nous adresse cette tribune avant la manifestation du 17 novembre

Clément Rossignol - Membre du Comité d’Orientation Politique d’EELV

Depuis plusieurs semaines, plus d’un demi-millier de gendarmes ont été mobilisés en vue d'expulser les opposants au projet d'aéroport situé à Notre Dame des Landes près de Nantes. Ce projet, pensé y a plus de 40 ans, hors crises économique, énergétique, climatique, alimentaire se voulait un projet de désenclavement d’une région, dans une vision de compétition des territoires.

 

Alors que le dialogue et la concertation sont une nécessité pour une démocratie apaisée et que le ministère des Transports vient d’installer une commission visant à réétudier les projets d’infrastructures, le déploiement de force auquel nous venons d’assister apparaît d’un autre temps. C’est comme si l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, situé à moins de 10 km du centre ville de Bordeaux était déplacé par la force près du Barp pour s’étendre !

Le secteur aérien bénéfice d’avantages fiscaux invraisemblables. L’absence de taxe sur le kérosène ou l’exemption de contribution climat-énergie en font un secteur particulièrement privilégié où prospèrent les compagnies low-cost qui concurrencent le rail, même sur des distances courtes. L’empreinte écologique du secteur aérien est 6 fois supérieure à celle du rail et est responsable de 3% des émissions mondiales de CO2 en hausse de 90% depuis 1990.

Ce projet d’aéroport menace 2000 ha de terres agricoles bocagères dotées d'une biodiversité exceptionnelle situées en zones humides. Dans le même temps, le programme des nations unies pour l’environnement vient d’annoncer que celles-ci, essentielles à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes, ont perdu dans le monde la moitié de leur superficie depuis un siècle.

9 millions de passagers... en 2050L’actuel aéroport nantais jugé trop modeste avec son trafic annuel de 2.7 millions de passagers serait déplacé afin d’accueillir 9 millions de passagers en 2050, bien que les promoteurs du projet annonçaient déjà en 1960 un objectif de 9 millions de passagers en l’an 2000.

Comment croire que le Grand Ouest également bien relié par rail aux aéroports parisiens, a besoin d’un équipement nouveau d’un coût estimé à 550 millions d’€ par l’État et révisé à plus de 600 millions d’€ par le cabinet indépendant CE-Delft hors liaisons ferrées ? Et pourtant, l'aéroport actuel est parfaitement évolutif…Nous avons tous en mémoire la résistance des paysans du Larzac et des citoyens venus du monde entier à l’extension d’un camp militaire. Cette lutte historique, et celle de Notre Dame des Landes ont en commun une bataille contre des décisions politiques et administratives hors sol et datées : au Larzac contre une géostratégie militaire restée aux enjeux de la guerre froide, à Notre Dame des Landes contre un projet d’aéroport « international » conçu à la fin des Trente Glorieuses.

Le message porté par la population locale qui a dénoncé, résisté et réalisé une contre-expertise du projet, prend désormais une dimension nationale et internationale. C’est pourquoi, le 17 novembre, associons nous à la manifestation de réoccupation sur le site de Notre Dames des Landes afin de donner du sens au mot progrès.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :