Editos / Interventions

Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 20:44

terminal-low-cost.jpg La gestion des aéroports, publique ou privée ?

A l’occasion du vote de la délibération sur l’assistance à maitrise d’ouvrage qui visait à étudier les conditions de rachat  d’une partie du capital de l’aéroport à l’Etat, Clément Rossignol a souhaité faire part de la stupéfaction du groupe EELV sur la volonté de l’Etat de limiter à 49% le rachat par les collectivités locales des parts d’aéroports encore publiques.
En effet, cela les empêcheraient d’avoir toute autonomie de gestion, alors que le gouvernement continue de privatiser les secteurs clés de notre société comme le transport, après Le TGV, les autoroutes et maintenant les aéroports et ce pour deux raisons :

La première est une raison court-termiste : faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’état.
La deuxième raison idéologique celle-là, au profit d’habituels grands groupes privés, est que nous assistons d’une part à la mise sous coupe réglée des collectivités locales, et d‘autre part à l’abandon de la politique d’aménagement du territoire. Clément Rossignol montre son inquiétude du fait que le même groupe privé pourra gérer à la fois la LGV et l’aéroport qu’il va pouvoir mettre en compétition. Il serait bon de savoir comment il va gérer cela et quels choix vont être faits.

Il a rappelé que pour les écologistes, la gestion des aéroports est symbolique, en prenant l’exemple de l’aéroport de Notre Dame des Landes :  En décembre 2010, la réalisation et la concession de cet aéroport a été attribuées par l’Etat au groupe Vinci pour 55 ans. Le futur aéroport est prévu pour 2017. Pourtant malgré une desserte ferroviaire actée et budgétée, elle n’est actuellement pas prévue dans le projet !

« Nous voyons bien que la gestion privée des infrastructures pose problème et dans le cadre de partenariat public-privé nous assistons à un recul de ce qui était programmé. »

Le low cost doit-il être financé par les collectivités territoriales ?

Clément Rossignol a ensuite développé la question du dévelopepment du transport aérien, précisant que si nous écologistes sommes favorables à la gestion publique, la question se pose sur quel transport aérien nous voulons. « Nous sommes opposés au développement à tout crin du Low cost »  et de citer l’exemple de l’étude de la CCI de Pau sur l’aéroport qui mentionne le financement public des vacances des classes moyennes à supérieures de l’autre côté de la méditerranée. « Nous ne tranchons pas mais c’est un débat qu’il nous faudra avoir ».

Il conclut qu’en ayant la main sur les aéroports, avec l’arrivée de nouvelles lignes qui vont donner encore plus de compétition, les collectivités territoriales pourront décider le type de vol à privilégier et quelle complémentarité donner avec le fer et la route.

Par Clément Rossignol - Publié dans : Editos / Interventions
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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 18:09

40ans-aurba.jpgL’a-urba, agence d’urbanisme Bordeaux métropole Aquitaine, et Systra ont le plaisir de vous inviter à une conférence-débat autour du thème : La marche à pied : un mode de déplacement high-tech ?

 

Jeudi 13 janvier 2011 de 18h à 20h
Auditorium de Cap Sciences
Hangar 20 - Quai de Bacalan – Bordeaux

 

- 18h - 18h15 > 30 ans de pas perdus ! (ou le retour du piéton au coeur des politiques publiques)
Jean-Marc Offner, directeur général de l’a-urba
- 18h15 - 18h35 > le design de la marche
Georges Amar, directeur de la prospective, RATP
- 18h35 - 18h55 > marche à pied et transports publics : un couple uni pour la vie
Tarik Redjimi, responsable environnement, Systra
- 18h55 - 19h15 > marche à pied et innovations
Antonio Gonzalez-Alvarez, directeur de l’équipe Dynamiques territoriales, a’urba
- 19h15 - 19h35 > débat avec le public
- 19h35 - 20h > synthèse / point de vue des grands témoins
Michel Duchène, adjoint au maire de Bordeaux, vice-président de la CUB
Clément Rossignol, conseiller municipal de Bègles, vice-président de la CUB

 

La marche à pied a été pendant longtemps un mode de déplacement oublié des politiques de transports urbains et des innovations technologiques. Alors que dans le domaine des déplacements mécanisés les inventions foisonnent, l’idée que pour favoriser la marche à pied des aménagements élémentaires suffisent (mise en place d’itinéraires et d’espaces réservés aux piétons, amélioration des traversées, élargissement des trottoirs, etc.) a communément été admise, aussi
bien par les pouvoirs publics que par les spécialistes des transports.
Pourtant, depuis quelques années, la marche à pied commence à trouver sa place dans les politiques de déplacements. Le changement des mentalités en est en partie responsable : la marche est en effet désormais perçue comme un mode de déplacement attractif car peu coûteux, non polluant et bon pour la santé.
Autre constat : le renforcement de l’attractivité des transports en commun et de l’accès aux modes de déplacements alternatifs (vélos en libre service, etc.) stimule la pratique de la marche en ville.
Au delà, des outils de plus en plus sophistiqués se développent pour cerner les contours de ce mode de déplacement avec l’apparition de nouveaux systèmes de collecte de données, d’indicateurs et de concepts (« la marchabilité »). Des innovations technologiques accompagnent cet intérêt renouvelé pour la marche à pied, la rendant plus attrayante et ludique : dispositifs de capteur-émetteur permettant d’enregistrer les données du marcheur, systèmes de recharge de batterie en courant, trottoirs captant l’énergie cinétique des piétons...
Dès lors, la marche à pied, longtemps considérée comme une simple activité de loisir ou un mode de déplacement résiduel, est-elle en passe d’accéder au statut de « véritable » mode de déplacement urbain, efficace et adapté aux métropoles contemporaines ?

Par Clément Rossignol - Publié dans : Editos / Interventions
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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 17:46

einstein_langue.jpg Je vais intervenir non pas sur la lettre, mais sur l’esprit de cette délibération. Nous sommes déjà intervenus plusieurs fois sur la SEML Route des Lasers pour vous rappeler que derrière la SEM Route des Lasers, il y a le laser méga joule, et que cette SEM est un véritable cache-sexe d’opérations militaires.

Le cache-sexe est tombé il y a peu, on peut le dire, puisque récemment la région Aquitaine a lancé l’opération Pepitea qui permet de détecter les entreprises peu ou pas impliquées jusqu’ici dans les opérations militaires pour les amener à franchir le pas. Au moins, c’est clair, la SEM, contrairement à ce que M. le rapporteur a dit dans ses conclusions, a une vocation militaire.

Nous ne pensons pas que la Gironde et notre agglomération bordelaise ont vocation à devenir une zone de sous-traitance de la Direction Générale de l’Armement. Nous avons déjà le missile M51, le Laser méga joule, nous allons développer une activité drones civils mais également militaires (nous le savons, l’un ne va pas sans l’autre).

Nous souhaitons réaffirmer clairement et simplement, mais fortement, nos valeurs pacifistes, et nous ne souhaitons pas cette hyperspécialisation militaire du territoire bordelais. Je me permettrai de citer une phrase un peu dure d’un très grand violoniste, d’une très grand pacifiste, d’un cycliste et surtout d’un physicien, Albert Einstein, qui a dit en parlant du nucléaire : « le monde ne sera pas détruit pas ceux qui le font mal, mais pas ceux qui les regardent sans rien faire ».

Nous nous abstiendrons donc sur ces 3 délibérations portant sur la SEML Route des Lasers.

Clément Rossignol

Par Clément Rossignol - Publié dans : Editos / Interventions
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Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 15:41

ar.drone.jpg

Tribune publiée sur www.aqui.fr

 

Le sujet tient à coeur au Président de la République, véritable champion de la vidéo-surveillance. Nicolas Sarkozy s'efforce depuis 2007 de tapisser notre quotidien d'un vaste réseau de caméras : 23000 caméras équipant déjà 1200 localités françaises, 6300 caméras dans 446 gares, 8100 caméras dans les trains, 17000 caméras embarquées dans les bus et les tramways et maintenant place aux lycées. La France doit « rattraper son retard », quitte à court-circuiter les prérogatives des élus locaux, arguments simplistes à l'appui : « Si vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'avez pas à avoir peur d'être filmés » précise Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur. Et pourtant, à ce jour aucune étude indépendante n'a prouvé l'efficacité des caméras de vidéosurveillance.
Aujourd’hui, les clivages politiques gauche-droite volent en éclats sur cette thématique. Les villes de Gironde ne sont pas en reste. Le plan girondin de prévention et de lutte contre la délinquance, signé fin 2009 par le préfet et le procureur de la République prévoit ainsi de passer de 82 caméras sur le domaine public en Gironde à 400 caméras en 2012.

Par ailleurs, l’Aquitaine se positionne fortement sur le développement des caméras de vidéosurveillance du futur : les drones. Aéronef sans pilote humain à bord, le drone peut emporter une charge utile destinée, le plus souvent, à des missions de type surveillance, renseignement, au profit des forces armées ou régaliennes de l'État. Dans le cadre de ses activités du secteur Aéronautique et Défense, Bordeaux Technowest organise les 15 et 16 septembre 2010 le premier salon européen « drones ». Ces caméras de vidéosurveillance ne seront plus localisées sur un lieu donné, mais mobiles et silencieuses, dotées de capteurs ultra-perfectionnés permettant la vision nocturne, l’écoute au travers des murs, de fonction de suivi automatique de personnes ou de véhicules… La vidéosurveillance tendait moins à discipliner les comportements des individus qu’à discipliner un territoire, les drones agiront sur les deux.

Peu à peu, nous sommes conditionnés à vivre sous le regard permanent de caméras, de l’espace public à l’espace privé, de la surveillance publique à la surveillance ludique. A l'image des émissions de téléréalité, la frontière entre la réalité et le virtuel devient floue. Un projet présenté en Grande-Bretagne fin 2009, a proposé aux citoyens de visionner chez eux les images des caméras de surveillance des commerces et magasins, avec à la clé une récompense de 1000 livres versée chaque mois au citoyen qui dénoncera le plus de crimes.

Les drones constituent un dispositif de plus dans ce système, en gestation, de surveillance étendue. Dans son ouvrage « Surveiller et Punir » publié en 1975, Michel Foucault extrapolait à une société disciplinaire le système pénitentiaire panoptique, imaginé par le philosophe Jeremy Bentham à la fin du XVIIIe siècle, dans lequel le gardien surveille les détenus sans être vu. L’effet majeur du panoptique est d’induire chez l’individu un état conscient et permanent de visibilité qui assure le fonctionnement automatique du pouvoir ; faire que la surveillance soit permanente dans ses effets même si elle est discontinue dans son action ; que la perfection du pouvoir tende à rendre inutile son exercice.

La vidéosurveillance sera bientôt complétée par des techniques d’analyse de données biométriques afin d'aboutir à un système qui pourra être capable d'identifier des comportements particuliers, de donner l'alerte et d'arrêter les malfaiteurs avant même qu'ils ne commettent un crime ou un délit. Ainsi, nous pourrions passer de la notion de présomption d’innocence à celle de culpabilité.

La rédaction d’une charte éthique ne saurait constituer qu’une solution provisoire. Nous avons l’obligation de débattre collectivement pour définir nos priorités en termes de sécurité et de libertés publiques pour ne pas accroitre l’une au détriment de l’autre. Prenons garde à ce que la sécurité collective, ou le sentiment de sécurité, ne prenne pas le pas sur nos libertés et nos identités.

Clément Rossignol
vice-président Les Verts – Europe Ecologie de la Communauté Urbaine Bordeaux

*Le panoptique est un type d'architecture carcérale imaginée par le philosophe utilitariste Jeremy Bentham à la fin du XVIIIe siècle. L'objectif de la structure panoptique est de permettre à un individu, logé dans une tour centrale, d'observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci ne puissent savoir s'ils sont observés.

Par Clément Rossignol - Publié dans : Editos / Interventions
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 09:58
le laser megajoule lmj largeTRIBUNE LIBRE Sud-Ouest
Laser Mégajoule : un anniversaire détonnant

José Bové est député européen Europe Écologie,
Clément Rossignol, physicien, est vice-président vert à la Communauté urbaine de Bordeaux.

La découverte du laser contribue depuis cinquante ans à des applications technologiques qui influencent notre quotidien (lecteur CD, traitements dermatologiques, codes barres, fibres optiques...).
Avec raison, l'Aquitaine a célébré cet anniversaire en organisant la semaine dernière de nombreuses animations. Comme ailleurs en France... Avec toutefois une spécificité locale de taille, puisque l'Aquitaine héberge l'un des deux programmes mondiaux de recherche destinés à « simuler » des réactions thermonucléaires confinées : le projet laser Mégajoule (LMJ). La Semaine du laser a donc  été l'occasion pour la Direction des applications militaires du Commissariat à l'énergie atomique de porter la bonne parole concernant le projet LMJ auprès des lycéens et des étudiants scientifiques d'Aquitaine.

Les célébrations de ce cinquantenaire ne doivent pas cacher les véritables objectifs de la technologie laser utilisée dans le projet laser Mégajoule. Le LMJ est un programme national de recherche militaire, représentant un investissement public de près de 3 milliards d'euros sur quinze ans, qui a pour but de recréer en laboratoire les conditions physiques semblables à celles rencontrées lors du  fonctionnement d'une arme nucléaire.

Suite à la signature en 1996 du traité d'interdiction complète des essais nucléaires, le programme laser Mégajoule constitue un moyen pour la France de pérenniser ses armes nucléaires et, surtout, de développer, en contournant la contrainte des essais « grandeur nature », les nouvelles générations d'armes nucléaires, parmi lesquelles des bombes atomiques « de faible puissance » - mini-nukes - pouvant être utilisées sur des cibles très localisées.

Une stratégie qui s'inscrit a contrario des bombes atomiques actuelles (dont le principe est en théorie qu'elles ne doivent jamais servir : c'est le principe de dissuasion) et qui participe à la course aux armements nucléaires, ainsi qu'à la prolifération et la banalisation de l'énergie nucléaire.

Derrière le laser Mégajoule se profilent donc la fin du « tabou nucléaire », respecté depuis Hiroshima et Nagasaki, et la violation du traité de non-prolifération des armes nucléaires, ratifié par la France en 1992.

Le projet LMJ illustre, une nouvelle fois, la position cynique de la France en matière nucléaire. En appelant le 8 mars dernier à un développement mondial du nucléaire civil lors d'une conférence internationale réunissant les pays souhaitant s'équiper de réacteurs nucléaires civils, Nicolas Sarkozy poursuit sa route de premier VRP de l'industrie nucléaire française.

La situation serait cocasse si elle n'était, malheureusement, aussi lourde de conséquences : la France se posant en prestataire de services pour « un développement responsable des usages pacifiques de l'énergie nucléaire » tandis qu'avec le LMJ, elle poursuit sa course à l'armement nucléaire et envoie aux autres pays un message d'incitation à la poursuite de la recherche nucléaire militaire.

« Notre époque se caractérise par la perfection des moyens et la confusion des fins. » C'est ainsi qu'Albert Einstein analysait le XXe siècle. Parce qu'il est plus que temps d'entrer dans une nouvelle époque, la perfection des moyens ne doit pas nous faire perdre de vue les finalités des avancées technologiques, parmi lesquelles l'amélioration des conditions de vie, le bien vivre ensemble, le rééquilibrage Nord-Sud et l'équilibre avec notre environnement.

Aussi, nous demandons la reconversion du programme laser Mégajoule en un programme de recherche civil et international.

Par Clément Rossignol - Publié dans : Editos / Interventions
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Présentation

  • : Le blog de Clément Rossignol, Bègles, CUB, Verts, Europe Ecologie
  • Le blog de Clément Rossignol, Bègles, CUB, Verts, Europe Ecologie
  • : verts europe ecologie bègles cub Politique
  • : Élu à Bègles depuis le 8 mars 2008, je représente Noël Mamère à la communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Je prends mes marques, mes habitudes, et je me dis qu'un blog pour décrire le quotidien d'un nouvel élu peu aider à faire comprendre les rouages de notre démocratie.
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