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Mon intervention dans le cadre du programme pluriannuel d’investissements 2013-2018 de la CUB :
http://verts-europe-ecologie-cub.fr/conseil-26-avril-2013-intervention-rossignol-ppi/

Concernant ce PPI « nouvelle mouture », les nouvelles règles de gouvernance posées vont dans le bon sens, avec notamment la pérennisation du comité de programmation et d’engagement et la généralisation des procédures AP-CP.

Le principe d’un PPI sur 6 ans semble également présenter un gage de cohérence puisqu’il s’agit bien de fixer le cap pour la durée d’une mandature.

Nous le savons, des ajustements ne manqueront pas d’apparaître, en fonction d’opportunités stratégiques ou d’aléas, certains projets inscrits dans ce PPI demeurant fragiles :

  • c’est le cas des 2 branches LGV GPSO suspendues aux conclusions du SNIT
  • du projet de grand stade qui reste contesté
  • ou de la mise à 2×3 voies de la rocade, dont le financement reste encore à boucler.

Une fois ce cadre budgétaire posé, force est de constater que nous demeurons sur un rythme d’investissement volontariste, dans la continuité des PPI précédents. Avec 1,6 Milliards d’investissements (2,7 si l’on compte les budgets annexes), on peut difficilement parler de rigueur ou d’austérité dans ce PPI.

Cela dit, le contexte économique et financier des collectivités locales ne prête évidemment pas à un angélisme béat qui nous conduirait à augmenter sans discernement nos dépenses d’investissement. L’équation est simple :

  • des besoins nouveaux, prioritaires, se font jour (la nature, la lutte contre les inondations) tandis que certaines politiques communautaires montent en puissance (le logement par exemple)
  • parallèlement notre dépendance envers les dotations de l’Etat s’est accrue avec la récente réforme de la taxe professionnelle ce qui ne plaide pas en faveur d’une forte dynamique de nos recettes.

Nous n’avons d’autre choix aujourd’hui que d’optimiser notre utilisation de l’argent public et de prioriser nos investissements.

Les élus EELV voteront majoritairement en faveur de ce PPI car précisément les grandes priorités qui y sont dessinées répondent aux grandes orientations souhaitées par les écologistes :

1) la sobriété : faire mieux, ou du moins aussi bien, avec moins sur ce que la communauté urbaine fait déjà (cf. écrêtement de 10% qui devrait s’appliquer toutefois également sur le fonds voirie et les contrats de co-développement)
2) l’anticipation et une vision de long terme

  • avec l’inscription de crédits conséquents sur le foncier (plus de 200M€), via la mise en place de l’EPFL mais aussi des réserves foncières de court et moyen terme pour les besoins des projets portés par la SPL ou les projets urbains et économiques
  • mais aussi l’engagement amorcé dans une politique nature d’agglomération (même si sur ce point, les crédits seuls ne suffisent pas et doivent s’accompagner, outre d’une véritable volonté politique, d’une relecture de plusieurs projets communautaires au regard des richesses en terme de biodiversité de notre territoire)
  • la lutte contre les inondations (volet qui ne manquera pas de prendre de l’ampleur si la CUB en prend la compétence).

3. la construction d’une métropole durable

  • avec l’engagement marqué en faveur des modes de déplacements alternatifs à la voiture solo (la 3ème phase bien évidemment, mais aussi l’amélioration du réseau de TC, la mise en œuvre du Plan Vélo)
  • avec aussi l’effort accru en faveur du logement pour lequel nous retiendrons notamment les dispositifs d’intervention sur le parc privé dégradé et l’aide à la réhabilitation énergétique dans le cadre du plan climat, le renforcement de la production de logement social ainsi que l’ambition portée par la démarche 50 000 logements pour développer une offre accessible au cœur de notre agglomération, condition sine qua non de la lutte contre l’étalement urbain.
  • Avec enfin l’aboutissement du lien retrouvé entre les 2 rives à travers la programmation du pont Jean-Jacques Bosc.

Ces points de satisfaction ne nous empêchent pas toutefois de maintenir une vigilance et d’appeler de votre part, M. le Président, une attention particulière sur les volets suivants :

1) La prise en compte des inégalités sociales dans nos politiques communautaires (d’autant plus importante que la crise économique s’installe durablement sur notre territoire comme ailleurs)

A cet égard, nous souhaiterions que le travail amorcé sur la tarification sociale avance plus vite et puisse aboutir avant la fin du mandat.

2) Le soutien à l’emploi qui ne doit pas oublier des pans importants de l’économie locale, à savoir l’ESS et le secteur associatif

Sur ce point, nous regrettons que soit érigé en principe budgétaire le gel des subventions pour les 2 prochains exercices alors que nous le savons, de nombreuses associations sont dans un équilibre budgétaire fragile et dépendent des subventions publiques.

3) l’application de la redevance incitative dès la mise en place des puces électroniques sur les bacs qui est programmée et l’anticipation de la fermeture de l’incinérateur de Cenon qui doit se concrétiser par l’inscription de crédits pour préparer notamment la sécurisation de l’approvisionnement énergétique du réseau de chaleur.

4) Une meilleure gouvernance des grands projets d’équipements qui placerait la nature au même rang que les autres parties prenantes.

5) un financement des aménagements sur la rocade qui ne soit débloqué que si une voie réservée aux usages alternatifs de la voiture et aux transports en commun ainsi que des dispositifs de du flux de camions en transit sont effectivement mis en place.

Je vous remercie de votre attention.

Tag(s) : #Editos - Interventions

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